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Gouvernance des coopératives : Antoine de Roffignac témoigne
Ce témoignage reflète l’expérience de la Guilde des Lunetiers, qui a acquis en quelques années la première place du marché de l’Optique d’abord grâce à la croissance de ses associés mais aussi par une politique d’acquisitions en France et d’alliances d’achat à l’International. Ce fort développement a été réalisé dans le respect du principe coopératif et dans la cadre d’une gouvernance dont les principes sont énoncés ci-dessous.
Cette expérience ne peut bien évidemment pas être dupliquée telle quelle et n’a pas la prétention de servir de modèle universel, car le mode de gouvernance de chaque coopérative dépend de son secteur d’activité, de sa taille, de sa culture interne et de ses traditions. Certains aspects de cette expérience particulière pourront néanmoins, nous l’espérons, nourrir la réflexion sur cet important sujet.
L’efficacité économique des entreprises coopératives n’est plus à démontrer. Les
statistiques publiées par la Fédération du Commerce Associé (FCA) indiquent que les groupements coopératifs, hors coopératives agricoles, pèsent près de 30 % du commerce de détail en France. Et leur part de marché s’accroit année après année.
Les coopératives de commerçants regroupent des entrepreneurs indépendants qui s’impliquent, investissent, prennent des risques pour le développement de leurs propres affaires.
Mais ils sont aussi associés à un projet commun et partagent des moyens humains, matériels, financiers qu’ils ne sauraient mobiliser individuellement. Leur association leur permet d’échanger leurs expériences de terrain et de s’inspirer des meilleures pratiques.
Le principe de fonctionnement de toute Coopérative, c’est à un homme, une voix...
Gros ou petit, ancien ou nouveau, chacun pèse du même poids lorsqu’il s’agit de décider. C’est la définition même de la démocratie.
Comme dans la vie politique des pays démocratiques, l’exercice du pouvoir exécutif dans les coopératives doit être organisé. Il est délégué à certains sous le contrôle des associés qui s’expriment régulièrement par leurs votes.
Les dépositaires de ce pouvoir doivent s’assurer que l’intérêt des associés est toujours pris en compte dans les décisions prises. Concilier l’intérêt collectif avec la somme des intérêts individuels ne doit pas empêcher de prendre des décisions fortes, car les coopératives sont
Confrontées à la concurrence de groupes intégrés dont le processus de décision est différent et à l’évolution rapide des marchés.
Dans certains groupements, des associés élus exercent eux-m.mes le pouvoir opérationnel.
Dans d’autres cas de figure, pour des raisons de manque de disponibilité ou par nécessité de s’adjoindre des compétences particulières, les élus délèguent à leur tour leur pouvoir à une structure centrale professionnelle avec à sa tête un dirigeant non associé.
Quelles sont, dans cette situation, les conditions d’une bonne gouvernance ?
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